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À la manière d’un pamphlet contre la pression contemporaine exigeant des thérapies rapidité et efficacité, le numéro 22 de la revue Cliniques insuffle un enthousiasme pour la perspective psychanalytique qui ose prendre son temps et se détourner du symptôme. Tous les auteurs du numéro évoquent la force de la tentation de guérir nos patients, de faire disparaître leurs symptômes et la difficulté d’y renoncer. Vassilis Kapsambelis (« Le caractère du symptôme et le symptôme de caractère ») nous éclaire sur l’origine médicale de cette tentation. La santé s’entend par le silence des organes. L’apparition d’un symptôme vient subitement perturber ce calme auquel le médecin se doit de ramener son patient. Pour Thomas Ogden et Glen Gabbard, dont l’article « The lure of the symptom in psychoanalytic treatment » est republié en ouverture du numéro, la psychanalyse est probablement et doit rester le dernier bastion qui résiste à cette propension à supprimer le symptôme pour rétablir la situation antérieure. La psychanalyse pourrait se définir comme le champ qui délaisse le symptôme au profit de l’organisation intrapsychique sous-jacente. Le délaisser ne signifie pas le perdre de vue. Il s’agit plutôt de l’entendre autrement. Car le symptôme a une fonction et une histoire. Compromis destiné à satisfaire un désir pourtant interdit, il porte un « message en quête de traduction » (Catherine Ducarre, « Introduction ») et par conséquent, de traducteur. Un symptôme sans destinataire n’aurait plus aucune vocation à exister.
Avant toute chose, le symptôme doit être entendu et repéré, et ce, d’autant plus quand il tente de passer inaperçu. Sébastien Chapellon (« Le mensonge de l’enfant : un symptôme du dysfonctionnement des adultes ») décrit la catastrophe psychique que peut provoquer un mensonge qui n’est pas pris comme tel. Partant de la clinique d’enfants dont les parents sont séparés, il rappelle qu’un mensonge vient souvent vérifier la cohérence et la solidité du cadre dans lequel un