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« Sauver la planète » : l’enjeu est réel pour tous et a fortiori pour les adolescents d’aujourd’hui. Mais quelles sont les répercussions de la question écologique sur le psychisme adolescent au niveau individuel et collectif ? Quels sont les enjeux du projet de sauver la planète ? Et quels en sont les effets sur le soin d’aujourd’hui et de demain ? Les auteurs des articles de ce nouveau volume de la revue Adolescence ouvrent un champ de réflexion très riche et nécessaire autour de ces questions.
« Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés », cite le titre de l’article d’Isée Bernateau. Dans « Menace sur la Terre et vulnérabilité », l’auteure nous décrit comment, à l’heure de l’anthropocène, une détresse écologique est susceptible d’apparaître chez les adolescents qui ressentent avec une acuité particulière l’état du monde. Le péril écologique peut venir menacer très directement le sentiment de continuité d’existence en privant de la stabilité à même de rendre possible un projet d’avenir. Manuel Boiton et Fanny Dargent font l’hypothèse que l’angoisse engendrée par l’idée d’une disparition de la nature, au sens de l’environnement, trouve une correspondance avec l’élaboration interne de l’angoisse liée à la perte objectale. Dans « L’objet et la menace extérieure », les auteurs précisent que le risque qui plane sur la nature a une part de correspondance avec un effritement du support constructeur de l’objet externe. Le surgissement d’un irreprésentable s’accolant à l’objet perturberait alors l’investissement de l’objet interne. Pour Vincent Cornalba, dans « Aux bords d’un monde », l’écocide peut servir de support au sentiment de meurtre intérieur de l’enfant en soi, mais aussi à la perte de certains investissements. La faute devient désormais universelle, retombe sur l’homme en général, et n’est plus à la charge du seul sujet. Le risque de perdre notre seul espace précipite un ralliement, réaction salutaire face à la dimension destructrice des pulsions. Mais b