You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Britt-Marie Schiller, Saint-Louis (USA). Un cas de trichotillomanie et de trichophagie : les fantasmes cannibaliques, p. 857-877.
L’article est centré sur la cure de Mme P, qui demande une analyse après un moment catastrophique : sa meilleure amie a rompu avec elle, brisant en même temps les liens de Mme P avec la famille de cette amie. Cela a réactualisé l’intense vécu d’abandon lié à une trahison dans ses débuts de (pauvre) vie amoureuse et surtout une relation avec un père sans tendresse et effacé et une mère pour qui Mme P avait été une poupée. Lors de sa prépuberté, cette mère s’était centrée sur le système pileux de Mme P. en regrettant qu’elle soit passée du blond au brun (par exemple elle lui passait les cils au jus de citron). Mme P avait commencé à s’arracher des cils dès ses 11 ans. Elle ne se souvenait pas de quand elle avait commencé à arracher et manger ses poils pubiens. De façon ritualisée, elle les mangeait en commençant par en broyer la racine. Ce que l’analyse lui permettra de comprendre ainsi : une façon de garder un lien (un cordon ombilical pileux) avec sa mère, de détruire celle-ci et, en même temps, de la garder en elle et de l’y régénérer. Elle passera par des mouvements transférentiels très prégénitaux et centrés sur un désir de fusion et des peurs d’abandon. L’article fournit une bibliographie et insère cette pathologie dans la dynamique du cannibalisme. Ou plutôt « des cannibalismes », car ils sont très variés. On y discerne cependant souvent la nouure paradoxale et agglutinée de la destruction de l’objet, de sa conservation, et de sa régénération après l’avoir mis en pièces. Dans certaines cultures, le cannibalisme est ainsi vécu comme un hommage aux défunts (et les laisser pourrir en terre y est vu comme un outrage).