You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Ce livre court et rédigé dans une langue simple, accessible à tous, nous offre la chance de rencontrer une collègue originale dans sa démarche clinique, tout au long d’une vie professionnelle et privée qu’elle évoque avec discrétion.
Ouvrage difficile à condenser, car il est lui-même la reprise de nombreux articles et livres, écrits tout au long d’une carrière de psychologue devenue psychanalyste à la SPP. Il nous rapporte successivement les différentes étapes d’une recherche sur un sujet très peu traité, souvent ignoré et mis à l’écart : le handicap.
Le terme a lui seul rebute parfois. Qu’allait-elle faire, Simone Korff-Sausse, dans cette galère, où se côtoient lésions organiques graves, hémiplégies, infirmités cérébrales motrices, dysarthries, etc. ? Et pourquoi donc cette mise à l’écart, voire cet abandon par les psys s’interrogera l’auteure ? Interprétations trop difficiles, trop délicates, dans cette clinique dominée par le lésionnel et souvent désespérante, prenant toutes les formes de l’intraitable, puisque la cause des troubles n’est pas psychique ?
La cause, non, mais l’effet est, lui, possible à aménager au prix d’une relation dont l’auteure comprendra qu’il s’agit de la prévalence de l’intersubjectivité. L’expérience émotionnelle partagée permet d’accroître la capacité de penser via un langage qui peut s’enrichir chez le patient au décours des séances.
C’est ce que son patient « originaire », dont le cas inaugure l’ouvrage, fait découvrir à cette analyste si désireuse de le comprendre. Arthur a 20 mois, il ne marche pas, ne prononce que six mots dont on ne comprend pas ce qu’ils signifient pour lui. Il est plutôt violent, les soignants redoutent une psychose. L’analyste cherche et trouve des ébauches de sens, elle construit des bribes de récits, les enrichit. Surtout, elle lui restitue ce qu’elle associe de son histoire : le trauma de l’accouchement, l’impossibilité de marcher, etc. Tout ce qui apparaît dans la séance peut devenir signifiant. Arthur progresse