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La disparition récente de deux figures majeures de la psychanalyse contemporaine, Roger Perron (1926-2021) et Daniel Widlöcher (1929-2021), a mis en évidence un point qui leur était commun, et qui est relativement rare : ils étaient tous les deux des chercheurs, c'est-à-dire que, au-delà de leur œuvre psychanalytique proprement dite, ils avaient consacré une partie de leur travail à mener des activités de recherche au sens courant, universitaire, du terme. Non pas comme deux activités séparées, la psychanalyse d'un côté, dans l'intimité de leur cabinet, la recherche de l'autre, dans leurs fonctions à l'université ou dans des organismes de recherche. Ils avaient la conviction que la psychanalyse – qui par ailleurs construit son propre champ de recherche, clinique et théorique, à partir de l'originalité et de la singularité de sa méthode – est en mesure de participer, de façons très variées, à la recherche telle que reconnue par la communauté internationale; et que ses concepts comme ses résultats thérapeutiques peuvent entrer dans des études et évaluations qui suivent les méthodologies admises dans des champs autres que le sien.
Le présent dossier donne un aperçu de cette perspective, et plus généralement de l'œuvre de ces deux psychanalystes et chercheurs. Il associe une présentation de leur pensée et de leurs actions à des évocations plus historiques ou personnelles, dans un ensemble forcément partiel et incomplet, mais qui, nous l'espérons, permettra un aperçu de l'extraordinaire variété de leur œuvre. Notre dossier a fait le choix d'exposer aussi des travaux de recherche de psychanalystes qui travaillent toujours aujourd'hui dans divers domaines de recherche, et dont l'activité a été stimulée, directement ou indirectement, par les chemins empruntés en pionniers par Roger Perron et Daniel Widlöcher.