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Comme le rappelle Marina Papageorgiou dans son avant-propos, la pensée psychosomatique de l'École de Paris s'est construite sur l'énigme de la solution somatique que constitue le « saut de l'affectif dans le somatique ». Ce saut est appelé, selon Pierre Marty, à rester une énigme. La notion même de saut implique une lacune. Cette lacune renvoie au négatif de la clinique de la dépression essentielle et de la pensée opératoire, marquée par un manque ou un défaut des opérations de pensée et de langage assurées par le système préconscient.
Marilia Aisenstein (« Énigmes et paradoxes dans le travail du psychosomaticien ») revient sur les notions de solution somatique et de travail de somatisation. Elle vient questionner la survenue, énigmatique et paradoxale, peu après la fin d'analyses considérées comme « réussies », de certaines désorganisations somatiques gravissimes. Elle met également à l'étude « la constatation clinique de véritables remaniements psychiques profonds et durables dans le cas de maladies graves, avant, après ou durant l'analyse ». Elle discute les processus psychiques ayant pu participer au développement de la somatisation ainsi que ceux ayant pu contribuer à la réorganisation psychosomatique du sujet, une fois la somatisation installée. Les somatisations explosives parfois mortelles posent la question de déliaisons brutales venant bouleverser l'équilibre psychosomatique et trouvant comme seule issue une solution somatique.
Claude Smadja (« Le paradoxe psychosomatique ») se penche sur le constat courant, énigmatique et paradoxal, de situations cliniques de somatisations dans lesquelles les patients se sentent paradoxalement soulagés. Chez nombre de patients, en effet, « la survenue d'une maladie produit un soulagement, voire un état de maîtrise, là où on s'attend à ce qu'ils ressentent angoisse et dépression ». Ce paradoxe apparent peut être élucidé grâce à la notion de travail de somatisation proposée par l'auteur. Ce travail du moi regroupe « l'ensembl