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Le thème retenu cette année par la revue Psychanalyse et psychose vient une nouvelle fois, mais peut-être tout particulièrement, souligner la richesse de ce qui lie ces deux champs : l'inconscient et la psychose ont en commun de mettre en cause la conception habituelle du temps, nous obligeant, et nous permettant, d'approfondir notre compréhension de cette dimension essentielle de la vie humaine.
Comme à son habitude, Alain Gibeault, dans son « Introduction », nous propose une présentation extrêmement riche, précise et claire du numéro, en une véritable recension… ce qui me permettra d'orienter la mienne de façon plus personnelle. Je remarque par ailleurs l'implication inhabituelle de l'auteur dans son texte (se référant à ses propres travaux antérieurs sur le sujet), témoignant de son intérêt pour cette question effectivement cruciale.
J'ai choisi de partir du texte de Martine Girard, « Le temps, c'est les autres » qui me fournira l'axe autour duquel ordonner l'ensemble très dense des contributions, dont je ne pourrai rendre compte qu'inégalement; ce texte s'inspire à la fois de la grande expérience de l'auteure comme responsable d'un hôpital de jour proposant un suivi au long cours à des patients psychotiques, et de sa connaissance approfondie de la pensée de Winnicott, double référence présente dans son ouvrage, De psychiatrie en psychanalyse avec Winnicott (, Nîmes, Champ social). L'auteure nous présente la conception originale de Winnicott de la place du temps dans le développement du sujet, avec une différenciation entre le précoce (early) et le profond (deep). Le premier est conditionné par la qualité de la présence parentale et surtout de sa continuité, pour le setting, et le holding. Continuité qui s'étend même à l'avant de la naissance de l'enfant, puisqu'il s'agit de tout le « milieu » (familial, et au-delà social et culturel) dans lequel l'enfant prend place à sa naissance et qui donne un sens à celle-ci. Milieu dont l'enfant n'a pas conscience, mais qui l