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« Les restes », thème proposé pour un numéro de la RFP, est un terme générateur d’associations foisonnantes. Et, s’il n’appartient pas en tant que tel au corpus métapsychologique, il renvoie cependant d’emblée à quantité de concepts conçus et développés par Freud tout au long de son œuvre. On s’étonnera de constater qu’aucun dictionnaire ou vocabulaire de la psychanalyse ne s’est arrêté dessus. Seul, le livre Traduire Freud, produit par l’équipe de traduction de Jean Laplanche, y fait référence (Bourguignon et coll., 1989). C’est dans cet ouvrage que l’on trouve les différents emplois qu’en fait Freud, selon trois formules principales : Tagesrest, reste du jour (ou reste diurne), Erinnerungsrest, reste mnésique, et Wahrnehmungsrest, reste de perception, auxquelles on peut ajouter de nombreux autres termes ayant un sens proche comme reliquat, vestige, résidu, relique, etc. (Bourguignon et coll., 1989, p. 331).
En français, « reste » vient du verbe latin stare, qui signifie : se tenir debout, durer, persister et du préfixe re qui a une valeur intensive et qui renforce l’idée de se fixer, durer. Donc restare renvoie à ce qui subsiste, ce qui demeure, ce qui continue. Ainsi « les restes diurnes » sont ce qui du jour demeure dans la nuit du rêveur.
On peut situer les premières utilisations de la notion, très présente dans l’œuvre freudienne, sous la forme des « restes ou traces mnésiques » d’abord dans « Les psychonévroses de défense » (1894a). Puis, dans l’Esquisse, quand il s’agit d’explorer le mécanisme de la pensée, Freud écrit : « Il ne fait aucun doute que le processus de pensée laisse derrière lui des traces permanentes » (1985c, p. 643), ou encore « il est indéniable que le fait de penser à un thème laisse des traces extraordinairement significatives pour une réflexion ultérieure » (1985c, p. 683). Ensuite, dans les Lettres à Fliess, dans ses recherches sur l’étiologie de l’hystérie ou sur la mémoire, il écrit : « les scènes de l’hystérie surviennent […] là où la
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