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Trois numéros sont parus depuis septembre 2021, ils sont trop denses pour que je puisse en donner une recension complète ; renonçant à un survol trop vain, je livre ici le résultat de coups de sonde, trois « carottes » dans ces écrits attachés à montrer la présence insistante de la psychanalyse.
Le numéro 6 porte un titre bien familier aux psychanalystes : « L’Étranger ». L’éditorial souligne la richesse métaphorique du mot – tant dans l’œuvre freudienne que dans la langue commune.
Michel Gribinski a choisi de relater « un petit fait vrai » qui l’avait conduit, en 1994, au sentiment d’être étranger – à une de ses cures… et jusqu’à lui-même. Je me limite ici à souligner deux points clés de l’article.
À Londres, les 75 ans de l’International Journal of Psychoanalysis avaient comme thème « the Conceptualisation and Communication of Clinical facts in Psychoanalysis ». En cette matière, l’usage du milieu analytique craint tant une très incertaine identification du patient que la vérité du récit de son cas est ravalée pour les besoins de la cause au rang subalterne de « vérité factuelle ». Elle est opposée à ce qui est l’objet même de la cure, « rien moins que la vérité » – vérité psychique, faudrait-il donc ajouter. Pour se conformer à l’impératif de confidentialité, un « détail, le petit fait vrai » concernant la patiente, son métier, avait été transformé1. Loin de tenir un rôle négligeable, cette transformation a joué un tour à l’auteur « pour l’ensemble de la communication, orientant sa réflexion […] changeant le cours du récit qui a perdu en liberté, en rêverie et en contraintes aussi ».
Ce retour sur l’exposé de 1994 concerne aussi une autre caractéristique du milieu analytique : son souci de respectabilité et le conformisme qu’il entraîne sous
* Historienne, psychanalyste (SPP).
M. Gribinski cite la célèbre lettre de Freud au pasteur Pfister en 1910 : « […] la discrétion est incompatible avec un bon exposé d’analyse. Il faut être sans scrupule, s’exposer, se livrer en pât
* Historienne, psychanalyste (SPP).
M. Gribinski cite la célèbre lettre de Freud au pasteur Pfister en 1910 : « […] la discrétion est incompatible avec un bon exposé d’analyse. Il faut être sans scrupule, s’exposer, se livrer en pât