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L’introduction de ce numéro du Journal de la Psychanalyse de l’Enfant nous invite à un voyage initiatique comme celui de l’Épopée de Gilgamesh. Si la parenté est comme la maternité un état de fait, avoir un bébé, la parentalité est le processus de devenir parent, une expérience subjective : « c’est-à-dire s’attacher à l’enfant dont on a la responsabilité, que l’on soit le parent biologique ou non » (p. 285). La parentalité est le symbole d’un voyage avec des transformations qui comportent des risques.
La notion de parentalité donne à la psychanalyse son rôle à jouer dans la réflexion sur la transmission de la vie physique et psychique. Sans surprise et avec rigueur, les éditeurs vont développer et faire articuler les concepts pour parler de parentalité extérieure et intérieure, d’imagos parentales et du transfert. Cette belle introduction est suivie de textes privilégiant à chaque fois des exemples cliniques qui enrichissent et illustrent les apports théoriques.
Sylvain Missonnier nous présente « Lumières et ombres de la notion de parentalité aujourd’hui », brillante analyse du concept de parentalité à partir de son expérience clinique en maternité et en consultation thérapeutique périnatale et pédopsychiatrique. Son interrogation est la suivante : « Comment se transmet, au fil des générations, notre paradoxale humanité, source simultanée de fécondité et de conflits tragiques ? » (p. 305). L’auteur propose et explicite sa notion de périnatalité avec deux segments, l’avant et l’après-naissance. Avec une large bibliographie, l’article nous offre une réflexion approfondie qui inclut les changements sociétaux actuels.
Judith Mitrani écrit « Les nombreux visages d’Adam. L’importance de la fonction paternelle dans la formation du monde intérieur du bébé et dans le transfert ». Sa clinique de l’analyse d’une femme enceinte est joliment décrite et permet d’illustrer la thèse de Frances Tustin sur « le composant sensoriel primaire impliqué dans le travail d’intégration précoce