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Composé de douze chapitres, ce livre est le fruit d’un dialogue régulier et ininterrompu durant près de quatorze années, entre collègues anglais et italiens, qui se réunissaient deux fois par an sur le thème du corps en analyse et ses manifestations au cours de la cure. La question posée porte essentiellement sur les liens psyché et soma au sein de la dyade analytique. À mon sens il faut aussi penser à la différence entre corps érotique et soma biologique. Le corps érotique est bien présent dans la cure, mais souvent silencieux alors que le soma se manifeste bruyamment au travers de l’agir ou de la maladie.
Chaque chapitre est signé d’un auteur différent et la plupart entremêlent clinique et théorie. Les auteurs se réfèrent à la métapsychologie freudienne, mais également aux avancées théoriques de Melanie Klein, Donald W. Winnicott, Wilfred R. Bion et Didier Anzieu, entre autres. Cette diversité fait l’intérêt et la richesse du livre comme elle semble avoir fait celle de ces échanges lors des rencontres. On peut regretter que les recherches et écrits de l’École de Psychosomatiques de Paris, Michel de M’Uzan, Pierre Marty, André Green, ne soient mentionnés que dans le chapitre VIII, « Expressions somatiques d’affects irreprésentables », sur lequel je reviendrai plus loin, car c’est celui dont les conceptions me sont le plus proches. Ce livre se centre donc essentiellement sur le corps dans la cure, soit le corps érotique et vivant et parfois aussi le corps malade.
En plus de l’accent mis sur « corps sain/corps malade », tous les textes insistent sur l’unité psychosomatique de l’humain, ce malgré leurs divergences théoriques. En 2006, j’avais moi-même publié dans l’IJPA un article nommé « L’indissociable unité de psyché et soma » (Aisenstein, 2006) où j’affirmais cette vision moniste. Je reprendrai néanmoins le point de vue défendu par Green selon lequel une vision moniste n’exclut en rien l’amalgame d’organisations non homogènes qui, elles, diffèrent structurellement.