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L’époque actuelle voit, en matière de recherche, une formidable expansion de ce que l’on appelle les neurosciences qui tentent l’établissement de ponts et la synthèse entre les sciences cognitives et l’étude des différents mécanismes et voies du système nerveux central, en particulier du cerveau. Mais ce faisant, la recherche plus spécifique en psychopathologie et en traitements biologiques psychiatriques semble passer au deuxième plan, du fait même que le projet des neurosciences correspond à une recherche fondamentale plus vaste. Et s’il y a des psychanalystes qui pensent pouvoir établir des liens entre ce projet de recherche et les fondamentaux de la métapsychologie – efforts dont témoigne le courant de la neuropsychanalyse –, il y a en revanche relativement peu de recherches sur les liens que l’on peut établir entre l’approche psychanalytique et les effets de la prescription des médicaments psychotropes, le type de relation qui s’établit entre thérapeute et patient en matière de soins psychiques (notamment à travers la notion de l’empathie), ou encore la question des émotions et des affects, centrale en psychanalyse, et leur traduction ou résonance au niveau du système nerveux central en particulier, du corps en général, en passant donc aussi par la problématique psychosomatique.
C’est à cette question que s’attèle le dernier livre de Bernard Brusset, Psychanalyse et neurobiologie, et nous noterons d’emblée qu’il utilise le terme de biologie, de neurobiologie, et non pas celui de sciences cognitives ou neurosciences, car, effectivement, la pensée psychanalytique peut trouver davantage d’interlocuteurs en croisant le chemin (pour paraphraser le sous-titre de l’ouvrage : « L’actuelle croisée des chemins ») des biologistes plutôt que des neuroscientifiques, même si évidemment des recoupements partiels avec les neurosciences sont nombreux.
Ainsi l’ouvrage est composé de quatre chapitres principaux. Le premier traite des liens entre la psychopathologie de la dépression