You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Ce recueil est une réaction à la pandémie, omniprésente même lorsqu’elle n’est pas mentionnée de façon explicite. Certains textes ont d’ailleurs été écrits en plein premier confinement, ce que l’on comprend au fil de la lecture, avec l’effet déstabilisant d’être projeté à nouveau dans un temps autre, à un moment où nous étions encore livrés à l’imprévisible sans qu’une issue à la situation ne se profile à l’horizon. C’est la pandémie qui apporte l’incertitude. Elle est d’abord perturbatrice et traumatique, puis, grâce au temps de la réflexion et à celle de l’écriture, porteuse d’un doute méthodique salutaire. C’est par le biais d’une association de Jean-Yves Tamet, qui a dirigé ce volume de la collection « Le silence des sirènes », que nous passons de cette pandémie, événement contingent extérieur à la psyché, à quelque chose de plus intime. Il cite dans son avant-propos une phrase qui aurait été prononcée par Freud au moment où celui-ci débarquait à New York en 1909, en compagnie de Ferenczi et Jung : « Ils ne savent pas que nous leur apportons la peste… » (Nous devons cette phrase à Lacan qui dit la tenir de Jung.) L’incertitude, donc, comme principe actif de la psychanalyse.
Parmi les textes qui évoquent directement l’impact de la pandémie sur les pratiques analytiques, ceux d’Évelyne Séchaud, Jean-François Chiantaretto et Leopoldo Bleger reviennent sur la question controversée de la cure à distance – en l’occurrence, au téléphone. Même pour ceux qui contestaient vivement cette pratique avant le confinement de mars 2020, elle est souvent devenue nécessaire, « comme s’il fallait réparer une voie d’eau dans la coque d’un bateau pour éviter qu’il ne coule » (Séchaud, p. 87). Ces textes explorent, avec subtilité, la transformation de cures tout à coup menées par canal interposé. Séchaud, par exemple, retient la mise à mal de l’une des fonctions majeures du cadre, celle de pare-excitation. Elle raconte les séances en présence d’autres membres de la famille, et plus pré