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L’hystérie traverse le temps. Camouflée et prête à adopter toutes sortes de formes, elle parcourt la pensée psychanalytique d’hier et d’aujourd’hui. Si l’on essaie de ne plus l’évoquer, de l’effacer, elle fait son retour en force et nous surprend à nouveau. L’hystérie est « encore » là, encore la même, encore différente. Et notre Revue n’a pas échappé aux ruses de l’hystérie, laissant le sujet en latence pendant plus de quarante ans.
C’est à partir des observations des patientes hystériques, lors des Leçons de Charcot à la Salpêtrière, que Freud esquisse sa théorisation de l’hystérie, paradigme du fonctionnement psychique. L’hystérie annonce alors la naissance de la psychanalyse, cette nouvelle méthode d’investigation et « de traitement de l’âme - des troubles animiques ou corporels - » . Progressivement, Freud abandonne l’hypnose et la suggestion pour privilégier l’écoute du récit de ses patientes. Son intérêt va alors aussi bien au langage qu’aux différentes manifestations corporelles, qu’il relie à des événements perçus comme traumatiques. C’est ainsi qu’il avance les concepts de réalité psychique, d’après-coup, de conflit inconscient et de refoulement.
L’hystérie, multiple, plurielle, emprunte mille visages : de la conversion dans le corps à la contagion psychique, du refoulement de toute représentation déplaisante pour le moi au déclenchement d’affects d’angoisse, de troubles de la mémoire aux expressions dramatiques de la grande crise… Et l’hystérie reste « encore » aujourd’hui, dans son polymorphisme, une référence incontournable du travail du psychanalyste, comme en témoigne la diversité des points de vue des auteurs du thème.
Dans ce volume sont ainsi envisagés l’identification hystérique, la contagion et les défauts de renoncement qui conduiraient à une psychologie groupale, la somatisation et la complaisance en psychosomatique. On y retrouve également la clinique de patients hystériques et leur éternelle insatisfaction, le fonctionnement hystérique dans les