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S’il ne fallait retenir qu’une idée de ce numéro 24 de la revue Cliniques, intitulé « Autorité et soin psychique en institution », ce serait celle du potentiel créateur de l’autorité. Cette notion, l’autorité, conduit la plupart des auteurs du côté de la relance du fonctionnement psychique et de la subjectivation. Les abus d’autorité n’ont pourtant pas été oubliés, mais l’impossibilité, voire l’interdiction de penser qu’ils engendrent, démontre en négatif ce que l’autorité incarnée, mutuellement reconnue, permet et engage. On l’aura compris, il est question ici de l’autorité dans la réalité externe et lorsque l’autorité interne, celle du Surmoi, est parfois évoquée, c’est pour décrire les répercussions de la première sur la vie psychique, lorsque la seconde fait défaut. Ce numéro est consacré à comprendre comment et à quelles conditions l’autorité peut avoir des effets thérapeutiques.
Plusieurs articles insistent sur la distinction entre autorité et pouvoir ainsi que sur la double valence de l’autorité : autoriser et interdire. L’autorité est un bord qui donne accès au champ des possibles. Ariane Bilhéran, citée par Claire Durozard et Jean-Baptiste Desveaux dans leur article « L’autorité et le besoin de révolte. Une dialectique pour penser l’adolescence aux limites », rappelle l’origine latine du terme autorité : auctoritas du verbe augeo qui signifie naître, augmenter, produire à l’existence. L’autorité ouvre à la création, à l’inédit, mais à une condition sine qua none : maintenir vivante et intriquée la dialectique entre autorité et pouvoir. Didier Bourgeois (« Jeux d’autorité et de pouvoirs dans l’institution psychiatrique ») décrit précisément les entrelacs qui peuvent exister entre ces deux faces de la même médaille où pouvoir rime avec force, et autorité avec sens. Il démontre surtout à quel point leur désintrication mène à des effets délétères, particulièrement aujourd’hui, en institution de soin où « le pouvoir et l’autorité sont fragmentés » et où le contrô