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Le développement exponentiel des nouvelles technologies, d’internet et des jeux vidéo offre un accès inédit à de nouvelles formes psychopathologiques sur un continuum entre normal et pathologique. Ce volume de la revue Adolescence propose donc d’ouvrir la réflexion à partir d’un triple questionnement : celui de la psychopathologie des écrans dans sa double valence délétère et trophique, celui de la fonction des écrans dans la relation thérapeutique et celui de leurs effets dans le maniement du transfert.
Le rôle des réseaux sociaux dans la construction identitaire des adolescents est discuté dans un entretien entre Nathalie Enkalaar et Mickaël Stora. Les idéaux véhiculés par les réseaux et leurs paradoxes rencontrent les problématiques adolescentes. Dans « Réseaux (a)sociaux et construction identitaire », il est montré que les réseaux fragiliseraient le lien social sous l’effet d’une représentation idéalisée de la société. Cette idéalisation a deux aspects, l’idéal de démocratisation et celui de transparence que l’on pourrait décrire en termes de double levée, levée de la différence des places dans les générations et levée des interdits. Ceci a des effets de séduction et de confusion sur les adolescents, effets qui sont renforcés par l’ambiguïté de l’univers des réseaux favorisant la régression à un univers enfantin tout en invitant à s’exposer, voire à s’exhiber induisant une sexualisation des échanges. Dans « On prend un Snap’ ? », Élise de Chérencé et Vincent Estellon s’attachent à décrire les effets de Snapchat pour comprendre les problématiques actuelles adolescentes associées aux réseaux sociaux. Le selfie, outil principal de Snapchat, met en scène un visage en attente de partage comme si le travail de subjectivation devait en passer par le regard de l’autre et sa reconnaissance pour être effectif. Le selfie, tout comme l’image dans le miroir, appelle au regard et à la voix. Mais ici la dimension de partage massif introduite par ce miroir 2.0 ne viendrait-elle