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Lorsque Syrine Slim m’a demandé à accéder aux archives de la SPP pour sa recherche sur Nicolas Abraham et Maria Torok - j’en étais en effet à l’époque le président - j’ai hésité. Son sujet était le lien entre l’œuvre et la problématique de la vie personnelle des psychanalystes. Thème tout à fait pertinent. On ne s’est d’ailleurs pas privé d’appliquer à Freud lui-même sa méthode d’investigation, comme ont pu le faire Didier Anzieu ou Jean Guillaumin. Ce dernier par exemple attribuant l’invention de la pulsion de mort aux deuils ayant frappé Freud - opinion que je ne partage pas, pensant plutôt aux effets du spectacle de l’autodestruction de l’Europe civilisée lors de la Première Guerre mondiale2. Maria Torok, elle aussi pensait ainsi que « […] une catastrophe familiale [un oncle faussaire], survenue lorsque Freud avait neuf ans, se tient à la base de sa théorie psychanalytique » (Rand, Torok, 1998, p. 184). L’hypothèse que Syrine Slim confirme dans son livre est que cette intuition peut être appliquée aux propres théorisations de Maria Torok avec Nicolas Abraham… « et que la théorie freudienne est devenue pour elle l’autre scène sur laquelle a pu se poursuivre ce qui restait encrypté en elle et Abraham » (p. 12).
Mais je me souvenais que la non-élection au titre de membre adhérent de Nicolas Abraham, suivie de sa mort de maladie, quelque temps après avait alimenté des rumeurs accusant la rigidité et le conservatisme attribués aux sociétés de l’Association Psychanalytique Internationale et en particulier la SPP d’avoir éliminé de la société un membre particulièrement original et créatif. Sa mort réelle ensuite apportant une dimension tragique. S’y ajoutait une ambiance d’obscurité, car, lors de l’élection, un membre s’y était opposé en raison d’une objection très sérieuse, mais qu’il ne pouvait révéler. La notion existait aussi d’une lettre écrite contre le candidat par son analyste, Béla Grunberger. Nicholas Rand, neveu d’Abraham, avait dénoncé ultérieurement des « ir