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Françoise Coblence (1949-2021) était agrégée de philosophie, professeur d’esthétique, psychanalyste, membre titulaire et formateur de la Société Psychanalytique de Paris. Elle a été directrice de la Revue française de psychanalyse de 2012 à 2020, codirectrice de la collection « Le fil rouge » aux Presses universitaires de France. Elle a publié de nombreux articles et ouvrages dont Le dandysme.
Ce livre posthume est constitué d’un recueil d’articles choisis par les éditeurs, Paul Denis et Catherine Ducarre, et je souhaite d’emblée souligner la réussite de leur travail, car la grande diversité des textes ici présentés me semble rendre justice à la fois à la richesse de la pensée de Françoise Coblence, mais aussi à sa profonde humanité (que j’ai eu la chance d’apprécier en travaillant auprès d’elle huit ans à la RFP).
Ainsi que j’essaierai d’en rendre compte, la lecture de cet ouvrage met en évidence son immense culture, sa connaissance précise du corpus freudien et plus largement psychanalytique, en particulier contemporain, la qualité extrême de son écriture enfin.
Mais la succession des chapitres permet aussi d’apprécier sa manière très personnelle de s’engager dans la théorie et la pratique psychanalytique. Ainsi le lecteur est frappé par le nombre important de textes centrés sur la présentation de la pensée d’un autre auteur, psychanalyste ou non : Hannah Arendt, Jean-Jacques Rousseau, Emmanuel Levinas, Jean Starobinski, Norbert Elias, Jean-Bertrand Pontalis, Sigmund Freud, bien sûr ; et de manière plus latérale mais toujours attentive Paul Valéry, Charles Baudelaire, Gustave Mahler, Marcel Proust, Imre Kertész, et tant d’autres encore. Ce trait traduit à mon sens sa grande générosité pour entrer dans la pensée d’un auteur ou d’un artiste, et y inviter ainsi ses lecteurs, en se mettant elle-même en retrait.
Et néanmoins dans un certain nombre de textes, plus cliniques en particulier, nous percevons sa propre sensibilité, que ce soit dans sa relation avec ses patients,