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Tous les êtres circulent les uns dans les autres. Tout est en un flux perpétuel. Tout animal est plus ou moins homme, tout minéral est plus ou moins plante, toute plante est plus ou moins animal. Il n’y a qu’un seul individu, c’est le Tout. Naître, vivre et passer, c’est changer de forme.
L’identité est une question dont la pertinence reste à prouver, pourtant ce numéro 156 de Topique s’attelle à la tâche ardue de dire quelque chose sur ce sujet tout en ouvrant le discours. L’identité, on le sait, n’est pas un concept psychanalytique, c’est plutôt l’identification qui nous est plus familière, l’identification fait référence à un choix inconscient du sujet. La question de l’identité en nette inflation depuis quelques années est présentée dans ce numéro sous l’angle d’un croisement entre l’identité individuelle et les diverses formes de l’identité collective qui penche du côté de la revendication ou de l’assignation identitaire. Fondamentalement, si on analyse l’idée de l’identité on se rend compte de son inconsistance, mais elle est dans le discours ambiant, elle se faufile et donne souvent des alibis aux positions les plus extrêmes. On peut se rendre compte de cette insignifiance mais en même temps s’intéresser aux raisons qui font que ce pseudo-concept hante tellement l’esprit de nos contemporains. C’est, me semble-t-il, dans cette direction que travaille ce recueil de Topique.
Philippe Gutton, dans « De la situation anthropologique et fondamentale du sujet âgé », évoque la fragilité du concept en rappelant le combat que le sujet mène souvent contre le temps qui passe. Vieillir est présenté comme une déprise anthropologique qui s’accompagne d’une perte d’emprise et de blessures narcissiques. L’événement du vieillissement est une attaque de l’idéal du moi à valeur d’abord identitaire.
Quand on vieillit, il devient plus difficile de maintenir des relations d’objet satisfaisantes. Comme l’écrit André Green, le sujet ne peut se définir qu’à travers l’image d