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Parmi les quatre livraisons de cette revue pour l’année 2023, j’ai choisi de rendre compte spécialement de ce premier numéro en raison d’un dossier intitulé « Dispositifs cliniques thérapeutiques et de recherches » qui m’a paru tout particulièrement intéressant pour notre discipline. Les différents textes qui le composent mettent en effet en évidence les enjeux, méthodologiques, thérapeutiques, mais aussi de reconnaissance académique de ces travaux, qui se réfèrent tous à la psychanalyse, en un temps où celle-ci est remise en cause, sur le plan universitaire en particulier. Mais leur intérêt est aussi de permettre de ramener les débats qui traversent notre communauté, trop souvent idéologiques, à des arguments cliniques et rationnels redonnant aux controverses nécessaires leur fécondité.
L’importance donnée aux dispositifs alternatifs et innovants, comme le soulignent Manuella De Luca et Marcela Gargiulo dans leur « Éditorial », découle du souci de répondre aux situations cliniques contemporaines, et ils sont un terrain de choix pour une psychanalyse qui veut rester clinique et vivante. Les auteurs soulignent en particulier la nécessaire prise en compte de « la tension entre les effets du cadre dans sa part non processuelle et ceux du processus thérapeutique ».
Le premier article, « Clinique des dispositifs “aux limites”. Co-construction et subjectivation » de Johann Jung, en est une illustration particulièrement convaincante.
S’adressant aux souffrances psychiques qui sont mal prises en compte par les cadres thérapeutiques classiques, ces dispositifs « aux limites » seraient pour l’auteur caractérisés par « les logiques de co-construction et d’ajustement qui les animent ». Car « le dispositif se doit d’être particulièrement congruent aux besoins du moi du patient et adéquat à son organisation psychique ». On retrouve ici la référence à la malléabilité du dispositif, dans la suite de la réflexion de René Roussillon sur le « médium malléable », en réponse aux souffrance