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Dans cet ouvrage, Martin Joubert, psychanalyste, membre titulaire de la SPP, bien connu pour ses travaux sur l’autisme (L’enfant autiste et le psychanalyste, ; À quoi pensent les autistes ?, ) explore les fonctionnements et les impasses du narcissisme. Ou plutôt du « Narcisme » si l’on transpose en français le choix de Freud d’abréger, pour des raisons d’euphonie, disait-il, Narcizissmus en Narzissmus. L’auteur interroge cette transformation qui rappelle et répète l’abréviation de son prénom par Freud adolescent – Sigismund devenant Sigmund – avec élision des mêmes phonèmes « is »…
Pour Martin Joubert, le narcissisme est garant de la cohésion et de l’unité du moi malgré ses insupportables défaillances ; dans son ambiguïté même, il reste l’ultime rempart de la vie psychique et son point de résistance. Comme le souligne Bernard Golse dans sa préface, parmi les innombrables écrits portant sur le narcissisme, Martin Joubert apporte un regard nouveau, une perspective spécifique : il ne déploie pas tant l’élaboration du narcissisme dans la structuration et l’économie du psychisme ni ses rapports avec la formation d’idéal et les premières formes de l’instance critique interne, source d’une division dans la subjectivation, que le suivi attentif des perturbations du narcissisme dans les grandes pathologies que Freud nommait névroses narcissiques. Il envisage ainsi successivement les problématiques d’auto-engendrement, les pathologies narcissiques identitaires (paranoïa et mélancolie notamment chez la femme), et la question d’une faille narcissique. Tout ceci en relation avec la détresse originaire du nourrisson, l’Hilflogiskeit, source ultérieure de culpabilité, soutenant l’insatiable revendication narcissique.
Ce faisant, Martin Joubert conjugue de façon particulièrement heureuse la relecture rigoureuse des textes freudiens écrits dans cette perspective avec des vignettes tirées de sa propre clinique et des réflexions multiples ancrées dans les réflexions psychanalytiques co