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Paru en février 2023, ce livre construit en neuf chapitres, reprend et repense certaines idées déjà défendues par l’auteur dès 1993 avec « La cravate croate, narcissisme des petites différences et processus de civilisation », « Le surmoi culturel » , « Racisme, homosexualité, paranoïa » , « L’énigme du sadisme » et plusieurs autres textes tous passionnants et incisifs.
« Ce livre est né d’une stupéfaction : malgré le retour perpétuel de la barbarie, nous maintenons fermement notre croyance dans le progrès de la civilisation » (p. 7), écrit Gilbert Diatkine. Et en effet il y a là un paradoxe, l’homme civilisé, cultivé, devient soudain le plus violent, cruel et inhumain des animaux.
Dès son début, le livre se penche sur les débats entre Freud et Adler à propos de « la pulsion primaire d’agression » défendue par ce dernier. Le contexte de la guerre meurtrière de 1914-1918, au cours de laquelle Freud avait deux fils au front, semble le faire vaciller et accepter l’idée d’une pulsion d’agression qu’il abandonnera en 1920 avec sa seconde théorie des pulsions.
Avec celle-ci, Freud réunit sexualité et autoconservation pour opposer la libido à une pulsion de mort. Pourtant, malgré son nom, la pulsion de mort est encore décrite en 1938 dans L’Abrégé de psychanalyse comme une poussée séparatrice qui vise à « briser les rapports » (p. 8). La destructivité provient donc de la désunion ou désintrication de deux pulsions. Freud écrit : « Toute modification dans la proportion des pulsions unies l’une à l’autre a les retentissements les plus évidents. Un excédent d’agressivité sexuelle fait d’un amoureux un meurtrier sadique… » (p. 9). La désunion des deux pulsions est responsable de divers tableaux cliniques mais aussi de sublimations.
En 1923, dans Le moi et le ça, Freud va décrire la construction du surmoi constitué par des identifications aux deux objets parentaux et aux idéaux de ces derniers. Un an plus tard, en 1924, dans « Le problème économique du masochisme » , il développe