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Alessandra Lemma (Londres) : « Ce qui manque : l'exploration de l'utilisation de photos dans la “perlaboration” du corps néo-natal chez les jeunes transgenres », p. 809-828.
Lemma travaille depuis un temps certain déjà auprès de populations de jeunes trans-genres. Elle parle ici d'un sous-groupe particulier de 10 jeunes, dont 7 présentant des troubles du spectre autistique. Il s'agit de thérapies en face à face utilisant des photographies des patients lors de leur enfance, idée venue après qu'un patient, spontanément, avait apporté une photo de lui d'avant le projet trans. Puis Lemma a pu ensuite proposer aux patients d'apporter de tels clichés, s'ils le souhaitaient. Bâti autour du long cas de Jon-Joan, l'article montre bien tout l'intérêt d'un tel support. C'est peut-être une énaction (l'analyste, lui, propose un support concret), mais un support… « trans-itionnel ». Les images partagées sur les réseaux ne sont en effet que des images allant vers « l'après » transition et dénient qu'il y ait eu un avant du corps sexué réel et « fait de vie », au sens de Money-Kyrle, fondamental et incontournable. La photo procure un moment émotionnel qui vibre de ses connotations incarnées dans la vie du patient et connecte présent et passé, corps réel initial et corps souhaité. Il s'éclaire souvent de « ce qui manque » : de quelle façon le patient et son entourage n'ont pu donner vie à un pan de leur existence projeté, par ce manque, sur le corps. Naît ainsi un pont élaboratif qui, quelle que soit l'issue du projet trans, ne peut être qu'un plus pour le patient, en dehors de toute contrainte normative. Nous avons tous en tête les schémas freudiens qui partent du perçu pour aller vers la représentation de mot-pensée. Or, comme toutes les thérapies médiées d'ailleurs, cette expérience nous conduit à nous demander si, souvent, lorsque la symptomatologie est surtout non verbalisable, nous ne devrions pas penser les sens non pas comme un non pensé mais comme une pensée concrète don