You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Cette nouvelle livraison de Psychanalyse et psychose, avec son thème, « Penser, peut-être », nous offre une nouvelle occasion d'approfondir les liens entre ses deux objets : la psychanalyse ne se propose-t-elle pas d'éclairer à la fois la clinique psychopathologique et la spécificité du penser humain ; et la psychose ne nous confronte-t-elle pas aux achoppements les plus marqués du fonctionnement psychique ?
Mais c'est une tâche ardue que de « penser la pensée », et la pathologie ne serait-elle pas, comme nous l'a enseigné Freud, la forme exacerbée de tensions et de conflits qui sont présents dans toute pensée ? Nous sommes bien confrontés aux limites du pensable, et c'est ce qui apparaîtra, à chaque fois avec des inflexions particulières, dans l'ensemble des contributions, toutes remarquables est extrêmement denses, à la suite de la très riche « Introduction » d'Alain Gibeault, qui présente chacun des articles. Les différences d'approche se marquent en particulier dans la façon de faire face à cette difficulté, et je propose de les regrouper selon trois orientations différentes :
dans la première, il est fait appel à un travail de conceptualisation et de généralisation particulièrement soutenu, pour proposer une vision de surplomb de cette question, en restant dans une référence métapsychologique freudienne ou post-freudienne, et qui tente de résoudre les contradictions par un surcroît de théorie, dans une grande fidélité à Freud. Il en est ainsi pour les textes de Bernard Chervet, « Penser la pensée humaine, ses émergences, ses achoppements », d'Eléana Mylona, « Penser, ne pas penser, peut-être », de Florence Guignard, « Entre algorithmes et panurgismes, un sentier ténu pour la pensée véritable », et de Judith Mitrani, « Suivre le transfert » ;
dans la seconde orientation, cette référence métapsychologique est complétée par une ouverture sur d'autres modes de pensée, voire, pour chacun des auteurs, la reconnaissance de la valeur, dans certaines impasses, d'un suspen