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Le titre du dossier et les développements des articles nous invitent à croiser nos réflexions sur l'après-coup des rencontres initiales proposées aux patients qui s'adressent à l'un des quatre Centres psychanalytiques du dispositif de l'Association de Santé Mentale dans le 13e arrondissement de Paris.
La rencontre analytique dont il est question dans les textes dispose d'une qualité processuelle particulière : ce n'est pas tout à fait une séance d'analyse mais pas non plus une investigation. Et pourtant, c'est un peu l'un et l'autre. C'est sans doute ce qui fait qu'elle répond à des exigences pour partie contradictoires. D'un côté, elle doit permettre au consultant d'apprécier les capacités du patient et les mouvements psychiques qui pourraient être les siens lors d'un travail futur. Mais d'un autre, elle doit aussi fournir à ce patient comme un avant-goût du traitement à venir et lui permettre de se représenter à quoi pourra ressembler la suite – en veillant toutefois à ce que l'accrochage transférentiel reste suffisamment modéré pour ne pas nuire à la passation vers le psychanalyste finalement responsable de la conduite de la cure effective.
À cela s'ajoutent d'autres considérations encore. Il convient par exemple de garder à l'esprit ce que l'on peut imaginer des attentes et des craintes du patient : le seul fait qu'il ait pris rendez-vous, surtout s'il s'agit d'un adulte, constitue un aveu de faiblesse, une manière de dire « je viens vous voir parce que je ne m'en sors pas tout seul ». À l'évidence, il est décisif de préserver cette capacité de faire appel à l'autre sans la rendre insupportable à celui qui la porte par une proposition de traitement trop immédiatement secourable. À l'inverse, cette première rencontre constitue aussi aux yeux du patient un examen qui doit lui confirmer l'intérêt qu'il présente pour ceux auxquels il s'est adressé. À cela s'ajoute, bien sûr, le trauma causé par la qualité proprement analytique de la rencontre elle-même, son inévitable