You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Topique est une revue trimestrielle de psychanalyse, ouverte à l'interdisciplinarité. Elle publie des recherches scientifiques, théoriques et cliniques, tant dans le domaine de la psychopathologie individuelle que dans celui des faits sociaux, historiques et culturels contemporains. Fondée en 1969 par Piera Aulagnier, Topique est dirigée depuis 1990 par Sophie de Mijolla-Mellor et est actuellement éditée par l'A2IP (Association Internationale Interactions de la Psychanalyse), en collaboration avec Cairn.info.
Dans ce numéro, je me suis particulièrement intéressé à deux axes qui structurent le propos : le premier, en résonance avec le thème « Incertitude et conviction » de la Revue française de psychanalyse, interroge les incertitudes des limites de la réalité à travers des perspectives aussi diverses que la rêverie poétique et l'univers du faux, qui nourrit des croyances en des complots politiques cachés. Le second axe met en lumière comment l'invention d'univers imaginaires dystopiques a servi d'instrument de critique, voire de dénonciation de la réalité politique, tout en offrant, notamment aux adolescents, un espace de création imaginaire.
Ce numéro fait écho à un numéro précédent consacré au blasphème, où il était également question de croyance. Celui-ci explore notamment la croyance aux complots. On sent une volonté de se démarquer, parfois avec difficultés, de l'obsession actuelle des médias pour le complotisme, dénoncé par certains comme une nouvelle façon de qualifier la prétendue bêtise ou ignorance du peuple. Plus largement, cela ouvre à la question de savoir si seuls les intellectuels seraient habilités à penser.
Yannick Miller, dans « L'illusion complotiste », établit une analogie avec l'hypothèse freudienne de l'illusion religieuse pour définir une illusion complotiste. Celle-ci, au-delà de la présentation paranoïaque du complot, amalgame une dimension d'antidépresseur, une fragilisation du social et du politique, et des défaillances narcissiques. L'auteur