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Voici la première traduction en français d'un ouvrage de référence de la psychanalyse d'enfant argentine publié en 1962 et réédité jusqu'en 2015 au moins. Arminda Aberastury de Pichon Rivievre a été une « chef de file2 » de l'Association Psychanalytique Argentine (APA) et y a dirigé un séminaire de psychanalyse d'enfants de 1948 à 1952. Elle est intervenue plusieurs fois à Paris à des congrès français et internationaux. Depuis 1973, l'APA attribue le prix Arminda Aberastury au meilleur travail d'analyse d'enfants et d'adolescents.
À l'époque où ce livre est conçu, Freud est mort il y a vingt ans. Melanie Klein, Anna Freud, Donald W. Winnicott, John Harlow, John Bowlby sont lus sur le Rio de la Plata. Et Angel Garma, Enrique Pichon-Rivière, Heinrich Racker, Willy et Madeleine Baranger et d'autres y fondent leurs propres concepts.
Imaginons-nous être un analyste alors en formation à Buenos Aires : nous trouvons dans l'ouvrage un rappel commenté du Petit Hans, puis un comparatif des techniques d'Anna Freud et de Melanie Klein. Pour Aberastury, c'est la dernière qui doit l'emporter. Anna Freud insiste sur la nécessité de créer un transfert positif pour l'enfant (encore fixé spontanément directement sur ses parents), sur le fait d'inclure dans l'analyse une part éducative et elle ne donne pas une part primordiale au jeu, toutes choses que Klein conteste. Pour elle, dès le début, l'enfant fait un transfert à la fois positif et négatif sur l'analyste. Il ne faut pas étouffer celui-ci, mais le laisser s'exprimer et, pilier de la cure, l'interpréter. Faute de quoi, on risque de renforcer les défenses pathologiques. Et le jeu exprime l'inconscient et a une fonction cathartique et d'assimilation des faits affrontés par l'enfant ; par exemple : un enfant a un petit frère et il joue à noyer, puis à sauver le petit Jésus ; ou bien un jeu de cache-cache met en scène la perte objectale.
Aberastury insiste sur l'importance des premières 24 heures de vie de l'enfant (le traumatisme-sép