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Guy Lavallée est psychanalyste, membre de la Société Psychanalytique de Paris, et l'auteur de très nombreux articles et d'un précédent livre, L'enveloppe visuelle du moi, perception et hallucinatoire . Il y a développé une élaboration théorique riche et originale de son expérience clinique de cures individuelles, et à l'hôpital de jour du Centre Étienne Marcel à Paris (auprès de pathologies extrêmes de l'adolescence, autistiques en particulier) axées sur les médiations thérapeutiques.
Dans le présent ouvrage, il propose une notion nouvelle, celle de « moi-matière », qui est un aboutissement de tout son parcours théorico-clinique, une ouverture métapsychologique à partir de son expérience auprès des patients.
Il se déroule en six chapitres.
Dans le premier, « Vue d'ensemble », il présente cette notion, conception du moi corporel qui propose d'aller au-delà du moi-corps et du moi-peau (Anzieu) vers l'« originaire » : « Quant au corps propre du bébé, avant de le sentir limité par la peau et bien avant de se donner réflexivement une image de lui-même dans les yeux de sa mère et dans les miroirs, il serait sans doute vécu comme une substance, liée, souple, consistante, qui peut se déformer sans se rompre : le moi-matière » (p. 19).
Un enjeu central est ici indiqué : celui de la continuité qui sera la base de la construction d‘« un premier noyau cohérent de sensations internes ouvrant à un premier niveau d'existence et de symbolisation » (p. 18). Cette continuité dépend directement du bon équilibre homéostatique assuré par le nourrissage, mais aussi l‘évacuation de l'urine et des fèces, et donc de la qualité de l'environnement et de la constitution des autoérotismes, sous la domination du principe de plaisir.
L'autre enjeu essentiel est celui du caractère interne de ce noyau et son fondement dans les somesthésies, par différence avec l'enveloppe corporelle puis les représentations renvoyées par le regard et le miroir.
Enfin, il garde la particularité de rester informe, bien que