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Force est de constater que l‘œuvre de Freud est marquée par un recours massif à un lexique appartenant à l'univers de « l‘économie quantitative », plus précisément celui de la finance et du commerce. Il s'agit de notions et termes aux colorations métaphoriques de banquiers et de gestionnaires du marché monétaire : placement, transfert, conversion, investissement, réserves, épargne, sommation, accumulation, retrait (d'investissement), somme, montant (d'affect, pulsionnel), quantum (d'affect), capital, monnaie, prix, bénéfices, gain, dette, etc., l'ensemble des opérations étant réalisé par l'appareil psychique. Ces notions ont jalonné les écrits de Freud tout au long de sa carrière. Même si on les croise notamment dans le chapitre VII de L'interprétation des rêves (Freud, 1900a), ce n'est qu'en 1915 que Freud va isoler et proposer « un point de vue économique » qui va accompagner la genèse et le fonctionnement de ses deux topiques.
Voyons la préhistoire et le développement de cet axe économique.
Les premières traces reflétant l'intérêt que porte Freud au discours économique et à la mesure datent de 1895. Dans une lettre adressée à Fliess en date du 25 mai 1895, il écrit : « Deux ambitions me dévorent : découvrir quelle forme assume la théorie du fonctionnement mental quand on y introduit la notion de quantité, une sorte d'économie des forces nerveuses et, deuxièmement, tirer de la psychopathologie quelques gains pour la psychologie normale » (Freud, 1950a [1887-1902]/1956, p. 106). Dans l'Esquisse, rédigée la même année, Freud présente une « première notion fondamentale : le concept de quantité » (1950b [1895]/1956, p. 316). La quantité (d'énergie) occupe une place importante au niveau du passage d'un neurone à l'autre. Elle détermine et distingue les sensations de déplaisir et de plaisir. Elle est en lien avec la fonction de décharge et de liaison. Freud introduit l'idée d'une couche psychique protectrice qu'il nomme « pare-quantité », notion qui évoluera en 1920 en «