You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
L'éditorial est clair : réalité… « enfin un mot dont on aurait pu espérer qu'il va de soi, il n'en est rien » (p. 9). Un mot faussement « simple », difficile à cerner, riche de butées et peut-être même d'avancées…1
Vassilis Kapsambelis, dans « La réalité, entre neurophysiologie et métapsychologie », livre une « lecture » (p. 62), disons plutôt une interprétation métapsychologique, de la notion de « réalité » chez Freud. Elle ne manque ni d'originalité ni de clarté !
C'est en partant de cette réalité – une « entité qui existe de façon indépendante de l'esprit humain » (p. 58) – qu'il comprend la formation de l'appareil psychique et son fonctionnement dynamique. Celui-ci s'amorce avec la perception. La réalité, impossible à connaître dans sa totalité, en demeure étroitement dépendante. Les traces mnésiques s'accumulent et se combinent de manière complexe, mais « seulement une infime partie a vocation à devenir souvenir et revenir à la conscience » (p. 59).
Pour l'auteur, « la mémoire stricto sensu n'est pas un objet de la psychanalyse », mais de la neurophysiologie, des neurosciences (p. 60). Pour la psychanalyse, il faut un double mouvement : celui de la perception qui mène à la formation de la trace, puis celui de son actualisation. Et, pour ce dernier, l'opération fondatrice est l'investissement, investissement orienté par le principe de plaisir et produisant l'hallucination, la reviviscence. Perception et hallucination se conjuguent pour former des « représentations mentales » (de choses, de mots), ces particules élémentaires d'un système distinct du système neuronal, l'appareil psychique. Ce système, cet appareil suit « les concepts les plus fondamentaux du vivant, de la biologie » (p.62) : besoins, instincts, pulsions, désirs, ça, orientent l'investissement quantitatif et qualitatif vers l'objet, « l'objet de la pulsion ».
Pour l'auteur, comme pour Freud, ou Winnicott ou bien d'autres encore… trouver l'objet, c'est le retrouver : la représentation mentale se rapproc