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Le titre de ce dossier a un caractère quelque peu provocateur. Bien entendu, les névroses ne sont pas nées en 1894, puisque le terme existait déjà depuis la fin du xviiie siècle pour désigner les «maladies des nerfs». Et c'est pour cette raison que par la suite, au milieu du xixe siècle, la psychopathologie de langue allemande inventera un terme symétrique, celui de «psychose», pour désigner les maladies d'origine purement psychologique, psychique, sans lésions du système nerveux central. Et de l'autre côté, les névroses ne sont pas mortes en 1980 avec la troisième édition du Manuel diagnostique et statistique de l'Association américaine de Psychiatrie (DSM-III), qui a décidé de supprimer cette grande catégorie de sa classification et de redistribuer les différents syndromes ou maladies qu'elle comportait dans des entités nosographiques éloignées les unes des autres.
N'empêche.
Les névroses sont bien nées en 1894 grâce aux travaux de Freud et de Janet, dont les efforts se sont conjugués pour montrer que ces pathologies, réputées «des nerfs», comportaient bien un «syndrome mental», une pathogénie psychologique, qui pouvait même expliquer leurs symptômes en apparence neurologiques. Et c'est bien Freud qui utilisera le terme de «psychonévrose» (ou «névropsychose») pour souligner cette dimension psychologique centrale dans le groupe des névroses.
Et les névroses sont bien mortes, d'une certaine façon, en 1980, avec la disparition de leur catégorie dans le DSM-III. Bien sûr, les cliniciens continuent d'utiliser le terme – d'ailleurs, de plus en plus souvent comme adjectif («névrotique») – pour qualifier une personnalité, ou la nature de tel conflit psychique, que comme catégorie nosographique. Bien sûr, les facultés de psychologie – celles en tout cas qui n'ont pas expulsé la psychanalyse – continuent de les enseigner. Mais on constate bien que, sur le terrain et dans la pratique, la clinique de cette catégorie se perd. La conversion hystérique oscille de plus en plus souve