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La revue In Analysis tient une place singulière dans l'édition scientifique et psychanalytique depuis 2017. Elle poursuit le projet post-moderne d'articuler transdisciplinarité, psychanalyse et science. Pour ses trois numéros de l'année 2024, elle choisit des thèmes résolument contemporains aux forts accents sociopolitiques. Elle joue pour cela de regards croisés de divers auteurs cliniciens et/ou chercheurs ayant pour point commun la psychanalyse comme outil théorique. Certains articles sont suivis de commentaires détaillés ou de critiques sans détour qui viennent par exemple interroger la validité scientifique de la «voie royale» vantée par la psychanalyse en regard des sciences cognitives réputées testables et réfutables.
Tous les textes s'appliquent à montrer que la psychanalyse possède des outils inestimables tant théoriques que pratiques pour penser et panser le monde contemporain. Ce constat rejoint un mouvement récent d'auteurs du champ philosophique et social qui prônent un retour nécessaire à celle-ci: on pense au philosophe Bernard Stiegler dès les années 2000, ou tout récemment à l'économiste Frédéric Lordon.
Les deux premiers numéros constituent deux volets pour un même thème: «Psychanalyse, hôpital et société». Une interview du Pr Alain Vannier introduit ce vaste sujet et se voit complétée par Florent Poupart et Hélène Constant d'une description solide de l'empêchement de penser l'inconscient chez les soignants qui semblent atteints de «psychophobie» («Un soin psychique sans Psyché? Idéologies identitaires, psychophobie généralisée et pratiques en santé mentale»)
Freud lui-même croyait à l'avenir de la psychanalyse à l'hôpital. Mais comment faire une fois entendu qu'à l'hôpital le premier malade, c'est l'hôpital même? Il fallut attendre les apports de la psychothérapie institutionnelle, telle qu'elle est née dans l'après-guerre, pour qu'une théorie des soins psychiques puisse véritablement soutenir le collectif soignant et apporter aux patients un espace