You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
La publication en août 2024 de ce numéro très riche de la Revue française de psychosomatique a été suivie, en février 2025, du colloque de la Revue à l'université Paris Nanterre, consacré au même thème: La désorganisation.
Dominique Cupa, directrice de la Revue française de psychosomatique, rappelle, dans son avant-propos comme dans l'argument du colloque, que le concept de désorganisation n'est pas un concept freudien. Il est le produit de l'élaboration du travail de recherche de Pierre Marty, ancré dans sa pratique clinique auprès de patients somatisants. Il est devenu, depuis, un concept central en psychosomatique.
Claude Smadja («Le concept de désorganisation») souligne l'opposition existant entre les deux processus de somatisation décrits par Marty: la régression, et la désorganisation progressive. La régression est un concept que Marty emprunte à Freud, qu'il a lui-même emprunté à la science biologique de son époque. Mais chez Marty, la régression s'étend au-delà du domaine psychique et des stades psychosexuels de la libido: elle implique des stades de fixation somatiques, parfois constitués in utero ou très précocement, et peut donc conduire à des symptômes somatiques fonctionnels ou à des crises dans le cadre de maladies chroniques dites à crises. Ces paliers de fixation, venant stopper un processus de désorganisation, permettent une réorganisation régressive et constituent ainsi des «réservoirs de vie». À l'opposé, la désorganisation progressive non enrayée peut conduire à des maladies graves évolutives, et à la mort. La désorganisation débute dans le domaine mental face à un afflux d'excitation débordant les capacités de liaison du moi, puis la dégradation de la libido (ou la déliaison, en référence à la seconde topique) peut entraîner une altération des fonctions somatiques. Ce concept de désorganisation, quoiqu'absent, en tant que tel, du corpus freudien, peut être rapproché de plusieurs élaborations freudiennes. Smadja mentionne ainsi «la décadence de la