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Aimer à perdre la raison
Aimer à n'en savoir que dire
Aimer. Tel un conte de fées. S'aimer bien. Redoutablement. Dangereusement. Économiquement. Au féminin. Objectalement. Sexuellement… Aimer donc. Loin d'être défraîchi, le thème choisi pour débuter l'année 2026 n'a pas laissé indifférents nos auteurs. À partir de perspectives économiques, topiques, psychopathologiques, et illustrées par des fragments cliniques, littéraires et cinématographiques, les articles déclinent de multiples et subtiles variations de ce qu'aimer ne lasse pas de susciter. Freud évoquait pourtant, dans «Pulsions et destins des pulsions», les multiples contraintes de l'aimer, contraintes qui peuvent aussi être source d'élaboration et de travail psychique. S'il est clair qu'Éros est une des deux pulsions composant la seconde topique, Freud est embarrassé quant à trouver une définition précise d'aimer, «expression de la tendance sexuelle totale», «relation du moi à ses sources de plaisir». Aimer est cependant susceptible d'être retrouvé dans trois relations d'opposition: «le moi n'aime que lui-même et est indifférent à l'égard du monde»; «aimer-haïr»; «aimer-être aimé» .
Être en capacité d'aimer (et de travailler) serait un des buts de la cure analytique, au sein de laquelle aimer viendrait se substituer notamment à une satisfaction narcissique impossible. Serait ainsi aimé «ce qui possède la qualité éminente qui manque au moi pour atteindre l'idéal» , si tant est que nous puissions y parvenir. L'amour de transfert se devrait malgré tout d'être accueilli avec une certaine indifférence afin que puissent se déployer les différentes représentations éminemment subjectives liées à ce mouvement pulsionnel hautement conflictuel et indispensable.
À partir d'un colloque qui fait suite à la disparition de Jean Luc Donnet, nous avons réuni dans le Dossier un certain nombre de textes autour des «Variations du “on” en clinique psychanalytique». Les différents usages de ce pron