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Pas un article de ce numéro de la revue Psychanalyse et Psychose qui ne fasse référence aux auteurs à qui l'on doit une réflexion marquante autour de la notion de dette. Pas un auteur qui ne reconnaisse sa propre dette envers Melanie Klein pour son apport autour de la gratitude, versant valorisé de la dette, mais aussi envers Jacques Lacan qui élabore la notion de dette symbolique, suivi de Jean-Paul Valabrega qui prolonge la réflexion avec la dette de sens et surtout envers Marcel Mauss qui décrit ce triptyque «donner, recevoir, rendre» dans lequel nous serions tous irrémédiablement pris. Freud ne manque pas tout à fait à l'appel, mais plutôt pour souligner qu'il n'a pas fait de la dette un concept métapsychologique. Cela n'empêche pas que la notion soit régulièrement évoquée dans son œuvre et qu'il laisse présager son implication évidente dans la dynamique psychique. Elle intervient indubitablement dans la constitution des liens intersubjectifs, au sein du processus de subjectivation et évidemment dans la dynamique intergénérationnelle. Car la dette, contrairement à ce que son sens courant pourrait nous laisser croire, n'est pas forcément un poids. En effet, comme nous le dit Riadh Ben Rejeb («La dette. Enjeux anthropo-psychanalytiques»), «le don n'est pas gratuit, il crée une obligation de rendre» et en ce sens «la dette devient un moteur invisible mais essentiel des relations interpersonnelles et culturelles». Elle est fondamentale pour lancer et nourrir le travail psychique. Dès l'arrivée au monde, une dette de vie (Monique Bydlowski) inscrit le nouveau-né dans une filiation. Ben Rejeb nous rappelle qu'aussitôt prénommé, l'enfant reçoit une charge symbolique avec laquelle il aura à se débattre pour se construire en tant que sujet singulier pour lequel tout un avenir a déjà été rêvé. L'auteur considère la dette comme un «concept anthropologique fondamental» selon lequel toute vie s'inscrit dans une dynamique d'obligations mutuelles. «L'individu est à replacer su