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Depuis plus de vingt ans, une équipe francophone internationale sélectionne et traduit des articles parus dans The International Journal of Psychoanalysis (IJP), revue fondée par Ernest Jones sous l'égide de Freud et aujourd'hui publiée par la British Psychoanalytical Society. Ce travail exigeant vise à proposer chaque année des textes susceptibles de nourrir ou de questionner la pensée analytique.
Née de l'initiative de Jean-Michel Quinodoz, L'Année Psychanalytique Internationale s'inscrit dans le sillage des autres «annuels» publiés dans différentes langues. Elle témoigne de la vitalité de l'IJP, revue anglophone à vocation internationale, qui conjugue fidélité à la tradition freudienne et ouverture à des approches cliniques et théoriques novatrices. La sélection n'est ni exhaustive ni consensuelle: elle cherche à faire entendre des voix qui déplacent et relancent la théorie comme la pratique analytique.
Dans «Continuités, discontinuités et transformations dans la psychothérapie d'un adolescent psychotique à l'époque du coronavirus», Luca Quagelli décrit comment la pandémie, en bouleversant le cadre, a mobilisé chez Aldo des angoisses liées à la perte d'éléments du «corps» du cadre (poignées de main, salle, horloge), ravivant des éléments indifférenciés. En choisissant le téléphone, l'analyste a contenu l'excitation et permis l'émergence de vécus corporels primitifs, donnant accès pour la première fois à la symbolisation d'éléments autistiques. Quagelli montre ici comment analyste et patient travaillent ensemble la différenciation.
Alessandra Lemma propose, dans «Ce qui manque: explorer l'utilisation de photographies dans la “perlaboration” du corps de naissance avec les jeunes transgenres», que l'identification et la restitution de la partie «manquante» du self passent par la perlaboration du corps de naissance, au sens métaphorique et littéral. Suivant Money-Kyrle, elle ajoute un «quatrième fait de la vie»: l'inéluctabilité de notre corporéité. L'usage de photograp