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Ce volume de la revue Adolescence commence par un entretien avec Laurence Kahn sur «Les enjeux psychiques individuels et collectifs du silence», à partir de son livre intitulé L'avenir d'un silence. Déréalisation, refoulement, amnésie des masses. Le silence dont il est question est celui qui a régné en Allemagne sur l'ensemble des exactions nazies et sur la destruction du pays lié à la guerre, sur la période de 1945 à 1985-1986. Cette période, pensée comme un laboratoire clinique, a permis de repérer et de spécifier les mécanismes de défense en jeu sur le plan collectif, notamment le silence au service de la déréalisation des crimes commis. Isée Bernateau et Estelle Louët questionnent l'auteur sur les liens possibles avec le silence qui pèse sur les adolescents dans certaines familles. La discussion s'élargit ensuite sur le silence de mort qui peut être une modalité de pouvoir chez certains adolescents puis sur le silence de vie dans sa valence protectrice pour certaines familles.
Les différentes fonctions du silence sont le fil conducteur de cette revue, du côté de l'adolescent, de celui du thérapeute, dans le transfert et au sein de différents dispositifs thérapeutiques et institutionnels. Il sera enfin question de la place de l'en deçà du verbal dans la construction psychique de l'adolescent, sa prise en compte pouvant modifier la situation analysante.
Romain Gady situe la mise en silence des affects comme un mouvement défensif plus ou moins transitoire devant les représentations sexuelles et agressives associées à l'émergence pubertaire. À partir du cas clinique d'un adolescent, dans son article «Du silence des affects à l'agir sexuel violent», l'auteur montre comment le court-circuit de l'affect participerait ainsi au surgissement de l'agir, dévoilant des impasses de la construction subjective d'une intimité adolescente. Au niveau du transfert, une séquence clinique souligne avec force la dimension défensive du silence des affects comme rempart à l'excitation et