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Le numéro 162 de Topique rassemble un ensemble d'articles qui explorent les transformations de la psychanalyse contemporaine. Derrière la diversité des approches, un fil conducteur émerge : la nécessité de repenser le cadre analytique et les dispositifs techniques face aux défis posés par les nouvelles formes de la clinique, par les institutions, et par les évolutions sociétales et technologiques. Cette problématique préoccupe, je pense, toutes les sociétés psychanalytiques. Ce numéro ne se contente pas de décrire ces mutations ; il met en tension deux pôles : celui d'une continuité des fondements et celui d'une nécessaire inventivité. La psychanalyse apparaît ainsi, sans surprise, partagée entre fidélité et adaptation, entre la tentation de préserver ses invariants et l'obligation de se réinventer pour ne pas se figer.
Sophie De Mijolla-Mellor ouvre la discussion en rappelant la valeur structurante de trois piliers : transfert, libre association, attention flottante. Ces invariants constituent le socle éthique de la psychanalyse. Leur rappel est précieux dans un contexte où la psychanalyse est régulièrement accusée de relativisme technique ou de dilution théorique. Cependant, on peut se demander si ce rappel des « fondements » ne risque pas de produire un effet paradoxal : en voulant affirmer la continuité, il met aussi en lumière l'écart croissant entre ces principes et certaines pratiques actuelles, parfois éloignées de la cure-type. La force de l'article tient dans sa mise en garde contre une dérive pragmatique où tout serait possible ; sa limite, peut-être, est de ne pas interroger suffisamment ce que deviennent ces invariants lorsqu'ils sont déplacés dans des dispositifs hybrides (numériques, institutionnels).
Luiz Eduardo Prado de Oliveira, « Sur les origines des séances à durée et rythmes variables, ainsi que des cures raccourcies ou intermittentes. Freud, Ferenczi, Eitington, Alexander, Lacan », et Marc Babin