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Envisagée dès le premier texte freudien sous forme de trace avant de devenir représentation, l'image tient une place centrale dans la psychanalyse, occupée dès sa naissance à interpréter celles des hystériques comme celles des rêves. Et ce, même si certains, un temps, semblaient faire prévaloir l'importance du langage et du signifiant – du Symbolique sur l'Imaginaire –, Lacan insistant pourtant sur la dimension trompeuse, mais aussi structurante de la rencontre jubilatoire du bébé devant son image lors du stade du miroir. C'est sans doute pourquoi le volume 13 de la revue Le Présent de la psychanalyse, en hommage à Jean-Claude Rolland et coordonné par Françoise Neau et Maria Marcellin, intitulé « Face aux images », revient sur cette notion essentielle, ses origines, ses enjeux, ses énigmes, ses destins, mais aussi ses dangers. Douze articles aussi passionnants que divers s'enrichissent les uns les autres en s'appuyant sur l'histoire de la psychanalyse, ses élaborations théoriques, mais aussi sur de nombreux cas cliniques, références picturales ou cinématographiques. « Ce que vise à chercher et à atteindre chacun des articles est le moment où, depuis la latence des images présentes dans l'analyse, une condensation opère, une figuration se libère du refoulé et appelle en somme à l'interprétation. Dans un moment de rupture. Au prix d'un ressaisissement. L'analyste alors s'oblige à abandonner la fascination exercée par le visuel et s'engage dans l'aventure langagière, celle des mots » indique ainsi l'Éditorial.
Les images sont au cœur même de la satisfaction hallucinatoire du désir représentant ainsi un premier rempart contre la détresse, rappelle Kalyane Fejtö (« L'image et son objet »). « Produites à partir des traces mnésiques laissées par l'objet et par les excitations sensorielles lors de l'expérience de satisfaction, elles apparaissent dès lors au fondement même de la réalité psychique » (ce que Piera Aulagnier développa à partir de sa notion de « pictogramme »). À