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Auteur talentueux et prolifique, notre collègue bostonien Fred Busch, nous adresse son dernier livre qui explore avec bonheur le paysage psychanalytique contemporain dont il nous donne un vaste panorama. Il est un psychanalyste engagé qui lit et diffuse la psychanalyse française aux États-Unis.
Les premiers chapitres étudient l'essence de ses précédents écrits 2, dont j'ai rédigé des recensions, publiées dans la Revue française de Psychanalyse. L'ouvrage, Comment la psychanalyse guérit-elle ?, est construit en dix-huit chapitres, eux-mêmes organisés en deux grands ensembles : « La clinique » et « L'analyse et les psychanalystes ». Les avancées théoriques chez Fred Busch sont toujours illustrées par une clinique vivante et riche.
Dès les premières pages, Busch insiste sur l'importance de la représentation, du tissu représentationnel, pour la vie psychique du patient en analyse. En cela, il se rapproche de Pierre Marty et des psychosomaticiens de l‘École de Paris, pour qui la qualité et la fluidité des représentations sont cruciales, mais aussi d'André Green, pour qui la représentation est le représentant psychique des excitations nées à l'intérieur du corps et parvenant au psychisme. Il est passionnant de le voir au travail, tant avec Jacob Arlow, Charles Brenner et David Rapaport qu'avec André Green et Pierre Marty. Il s'interroge en profondeur sur la méthode, et écrit que pour lui le progrès d'une cure se mesure à la transformation de l'action et d'une parole de décharge en processus de pensée. Il cite Freud, qui écrit que la compulsion de répétition a tendance à entraver le processus de pensée. Il décrit ici ce qu'il nomme le « langage action » (Busch, 2013). L'auteur insiste sur tout ce pan de l'analyse française, peu connu de nos collègues américains, et s'attarde sur sa méthode visant à « construire » (building) des représentations dont il mesure la quantité et la fluidité. Il s'agirait selon lui de construire des « représentations complexes », ce que j'entends,