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Un « sujet » est à la fois une personne (par exemple, « un sujet en psychanalyse »), et une représentation idéale d'une personne représentée habituellement comme « souveraine dans son âme propre » (Freud, 1917). Entendu ainsi, le « sujet » compare en toute lucidité « ses motions et ses actions propres, pour voir si elles concordent avec ses exigences ». Il est « certain de ce que ces informations sont complètes et sûres, aussi bien que de la bonne transmission de ses ordres ». L'analyse inflige à un sujet qui se représente ainsi idéalement lui-même une « vexation psychologique » due « à l'existence de l'inconscient et au caractère indomptable de la sexualité » (Freud, 1917, p. 187). S'il parvient à la surmonter, il deviendra peut-être le « sujet psychanalytique », que Raymond Cahn décrit à la fin de la quatrième partie de son rapport. Familiarisé avec son inconscient, le sujet psychanalytique sait qu'il y a en lui une terre étrangère qu'il ne s'appropriera jamais en totalité, s'avoue son besoin de l'autre, et apprécie l'illusion à sa juste valeur (Cahn, 1991, p. 52-53).
La philosophie nomme « autotélie » la « qualité de celui qui peut déterminer lui-même la fin de ses actions » (Grand Larousse de la Langue française, p. 326). On pourrait donc qualifier d'« autotélique » le sujet qui se voudrait « maître de lui comme de l'univers ». Pour la psychanalyse, l'autotélie n'est pas un concept mais un fantasme. Les philosophes qui prennent la psychanalyse au sérieux, comme Jacques Derrida, attachent la plus grande importance à ce fait. Ils en déduisent qu'il n'y a pas de télos, que tout projet est divisé dès l'origine, et que le sujet doit être « déconstruit ». Cette prise de position suscite une polémique animée (Derrida,