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Si, pour Freud, la névrose était avant tout une pathologie, si pour nous elle reste une cause de souffrance dont la thérapeutique reste un défi jamais acquis d'avance, force est de reconnaître aujourd'hui, d'une part, que cette forme de malheur est luxueuse en comparaison des pathologies narcissiques ou limites et, d'autre part, que le fonctionnement névrotique est le fonctionnement mental par excellence, critère essentiel de la qualité du fonctionnement psychique.
Les psychosomaticiens nous ont ainsi particulièrement sensibilisés à la qualité hystérique du fonctionnement mental sain, en opposition avec la dépression essentielle et le fonctionnement opératoire : la vie psychique s'oppose à la désertification. La régression devient une qualité et la fixation protège des désorganisations. Ainsi quand Michel Fain (1985) s'oppose à Augustin Jeanneau en 1984 au congrès de Lisbonne, en contestant l'assertion de ce dernier dans son rapport qu'il n'y a pas d'hystérie sans dépression et soutient qu' « il existe sinon une hystérie théorique, du moins une théorie de l'hystérie dans laquelle la lutte contre la dépression ne joue aucun rôle » (p. 387). Reprenant la situation que vit l'enfant lorsque sa mère redevient femme, il assure que : « L'absence de la mère corrélative du désir de la femme en raison de sa discontinuité et son ouverture vers l'investissement d'un nouvel objet sous forme d'une identification hystérique précoce ne peut pas donner lieu à une dépression. Elle organise l'excitation qui résulte de son désinvestissement momentané » (p. 390). Je renvoie ici à la reprise approfondie de cette discussion sur hystérie et dépression par Michel Ody en 1985 au colloque de Deauville Encore l'hystérie.
Mais Michel Fain s'oppose surtout à une différence de nature entre processus pathologique et fonctionnement sain : il critique l'accent mis par Augustin Jeanneau sur un excès, un trop par rapport à autre chose, à une